28.05.2026 - Assurance invalidité

Nouvelles statistiques de l'AI soulignent l'urgence d'agir

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Les statistiques de l'AI publiées le 26 mai 2026 par l'Office fédéral des assurances sociales montrent clairement que seuls des mesures efficaces permettront de relever les défis auxquels est confrontée l'assurance-invalidité (AI). Il n'est pas envisageable de réduire les dépenses. Au contraire, un financement supplémen-taire s'impose de toute urgence.

En 2025, l'AI a versé des prestations à 472 000 personnes. Les rentes ont représenté la plus grande partie des dépenses, avec 5,99 milliards de francs. Après un résultat d'exploitation positif l'année précédente, l'AI a clôturé l'exercice 2025 avec un déficit de 0,21 milliard de francs. La part des bénéficiaires de rentes AI dans la population assurée a légèrement augmenté pour s’établir à 4,17 %. Elle reste toutefois nettement inférieure à ce qu’elle était il y a vingt ans (5,28 % en 2005). La dette de l’AI envers l’AVS reste inchangée à 10,28 milliards.

Le nombre de nouvelles rentes augmente

En 2025, le taux de nouvelles rentes s'élevait à 4,08 ‰. C'est surtout la part des rentes octroyées pour cause de troubles psychiques qui a fortement augmenté au cours des cinq dernières années. Les troubles psychiques constituent la cause d'invalidité dominante non seulement chez les jeunes adultes, mais aussi dans toutes les tranches d'âge (à l'exception des 60-64 ans). Si une personne perçoit une rente AI dépend encore fortement de son âge. Alors qu’en 2025, moins de 2,7 % des assurés de moins de 40 ans percevaient une rente AI, cette proportion dépassait légèrement les 10 % peu avant l’âge de la retraite AVS.

Un plan et un financement supplémentaire sont nécessaires

La Suisse a urgemment besoin d’un plan pour faire face à la dégradation continue des perspectives de l’AI. Du point de vue d’Inclusion Handicap, il n’est pas envisageable d’agir sur les dépenses. Il est certes clair qu’il faut répondre à l’augmentation des nouvelles rentes chez les jeunes adultes. Toutefois, des mesures d’économie générales qui accroissent la pression sur les personnes souffrant de troubles psychiques sont contreproductives. Inclusion Handicap est cependant ouverte à un développement ciblé des instruments des offices AI afin d’accompagner les personnes concernées de manière plus individualisée dans leur parcours de réinsertion. Cela comprend également une prise en charge médicale améliorée et précoce.

L’AI souffre d’un sous-financement chronique

Ces dernières années, le mandat de l’AI a été continuellement élargi sans que le financement nécessaire soit garanti. Cela a conduit à un sous-financement chronique de l’AI. Le fonds AI se situe aujourd’hui déjà nettement en dessous du minimum légal correspondant à 50 % d’une dépense annuelle. Il existe un déficit structurel. Si ce déficit doit être résorbé, des recettes supplémentaires sont indispensables. À cet effet, il convient surtout d’envisager des sources de financement fiables et viables à long terme – par exemple une augmentation de la TVA ou des cotisations salariales.